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Ecocitoyens au quotidien

La lutte contre le réchauffement, ça commence à la maison, dans les petits gestes quotidiens, les déplacements... La famille Geerts-Racquez inclut généralement la question du respect de l'environnement dans ses choix. Dans la limite de ses moyens, de ses goûts, et en veillant à garder un certain confort de vie.

TANGUY JOCKMANS

Rencontre

La famille Geerts-Racquez utilise très peu le véhicule d'occasion garé devant son habitation, à Louvain-la-Neuve : il parcourt moins de 10 000 km par an. La plupart du temps, Alain, Françoise et leurs trois enfants Laura (13 ans), Gaspard (15 ans) et Chloé (17 ans) se déplacent à pied, en vélo et en train, pour les petits comme pour les longs trajets. Ce n'est pas par hasard si le couple, en quête d'une maison pour loger plus confortablement sa famille nombreuse, a souhaité rester dans le quartier de la Baraque qu'il habitait déjà auparavant. Outre son caractère d'"habitat groupé, où tout le monde se connaît, où les gens se rendent service, se prêtent du matériel...", il apprécie sa localisation : cet îlot de verdure est situé à un jet de pierre de la gare et du centre-ville, et tout proche de la Nationale 4. Un séjour de six mois à Chastre, pendant les travaux dans leur nouvelle demeure, a conforté la famille dans son choix : "C'est un charmant village, mais on a connu, là, la contrainte des déplacements...", indique Alain Geerts. Lui-même travaille à Namur, chez Inter-Environnement-Wallonie; sa compagne, à Louvain-la-Neuve même, dans un centre d'activités pour personne handicapées mentales.

Cette famille disons "éco-citoyenne" intègre le respect de l'environnement dans ses choix de vie, elle n'en fait pas pour autant une doctrine absolue. Ainsi, contrairement au voisin qui a, lui, fait une croix sur l'automobile, "il y a là un pas qu'on n'est pas prêt à franchir, en tout cas dans la configuration actuelle de la famille. On garde une voiture pour certains trajets : grandes courses, académie de Wavre, déplacements le soir ou dans des endroits peu sûrs, etc", explique le couple.

Priorité à l'isolation

Le souci du développement durable les ont clairement guidés dans la rénovation et l'agrandissement de la vieille maison qu'ils ont achetée. Il se marque dans le choix de matériaux locaux et/ou bio - "certes souvent plus chers" - et dans la priorité à l'isolation, histoire de réduire la consommation d'énergie : monomurs ("des blocs de terre cuite très alvéolés et très isolants"), enduit naturel respirant, plafonnage et isolant épais à base de papier recyclé, châssis en sapin européen... "On a isolé la partie ancienne de l'intérieur, avec du liège. Idéalement, on aurait dû l'isoler de l'extérieur. Mais on ne peut pas toujours suivre nos choix à 100 pc : on fait des compromis en fonction de nos moyens", explique Françoise Racquez. "On a aussi pensé mettre des panneaux solaires, mais dans notre budget, l'isolant nous a semblé être l'investissement le plus rentable. D'autant que cela ne nous empêche pas d'installer plus tard des panneaux", prolonge son compagnon. Côté chauffage, le couple a choisi, pour l'heure, une chaudière au gaz naturel à condensation plutôt qu'à pellets (granulés de bois), en attendant "une plus grande sûreté d'approvisionnement dans ce domaine, et une production locale : si c'est pour les faire venir d'Allemagne..." L e principe du développement durable s'arrête aussi là où prime l'aspect esthétique : par exemple quand la couleur rouge souhaitée n'existe pas dans les gammes de peintures bio...

Françoise Racquez porte encore une attention particulière au choix de la nourriture, privilégiant les fruits et légumes (sains, et dont la production consomme peu de ressources naturelles), produits de saison et locaux. Sans pour autant bannir le supermarché. Au total, l'addition n'est pas plus salée, calcule la maman, "car si certains produits bio ou locaux sont plus chers, on consomme peu de produits généralement coûteux comme la viande..."

Plutôt verts mais ouverts

Chaque choix, dans la famille néo-louvaniste, est bien pesé, resitué dans le long terme et, souvent, discuté en famille. Chloé, 17 ans, devait partir avec des amis à Barcelone. "On avait trouvé un billet d'avion très bon marché, mais mon père s'est opposé à ce qu'on parte avec cette compagnie, sans pour autant vouloir m'empêcher de partir", raconte-t-elle. "Une compagnie low-cost, qui ne traite pas bien ses employés et fonctionne avec des subsides publics, créant une distorsion de concurrence énorme avec le rail", justifie le paternel, qui veut autant que possible, "sauf pour l'intercontinental, évidemment", privilégier les moyens de transport peu polluants. Résultat ? Le choix d'une autre compagnie "moins low-cost". "Question de principe", admet le père. "Je trouve souvent les arguments de mes parents convaincants, mais, toute seule, je n'arrive pas toujours à les expliquer à mes amis...", note sa fille. Qui, au final, garde la liberté de dépenser son argent de poche comme elle le souhaite, remarque-t-elle.

Cette philosophie de vie est-elle plus difficile à défendre quand les enfants deviennent ados ? Au contraire, estime Françoise Racquez : "Les ados se posent des questions, et cherchent aussi l'alternatif". "On ne veut pas tout imposer à nos enfants, mais on trouve important qu'ils sachent qu'on ne fait pas n'importe quoi. L'essentiel, c'est de rester ouvert, discuter, et nos enfants le font très bien : ils nous interpellent, et nous font parfois changer d'avis", souligne encore leur maman.

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