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L'achat local fait de l'ombre au bio

Il y a quelques années, on ne jurait que par les aliments biologiques. Mais l'achat local est maintenant la priorité des consommateurs consciencieux. Des producteurs québécois espèrent toutefois relancer l'intérêt pour leurs fruits, légumes, viandes et même tournesols biologiques, le meilleur des deux mondes, selon eux.

L'achat directement à la ferme et dans les marchés locaux a le vent dans les voiles, alors que le nombre de producteurs québécois certifiés bio stagne. La popularité de l'achat local a-t-elle coupé les ailes à l'agriculture bio?

«Oui, bien involontairement», concède Frédéric Paré, de l'organisme Équiterre, qui fait à la fois la promotion de l'agriculture biologique et de l'achat local.

Il n'est pas le seul de cet avis. Les producteurs biologiques savent bien que l'achat local leur a porté ombrage. «L'achat local, c'est bien. L'achat bio, c'est beau. Mais l'achat bio-local, c'est génial», lance comme un slogan Gérard Bouchard, président de la Fédération de l'agriculture biologique du Québec. Lors d'une récente réunion, des producteurs biologiques se sont demandé comment profiter de cette vague de sympathie pour les producteurs québécois.

On dénombre actuellement 779 entreprises agricoles officiellement accréditées biologiques au Québec. Il y en avait 777 l'année dernière à pareille date. Avec deux ajouts par année, le biologique ne fait pas que traîner, il régresse.

Le problème, explique Gérard Bouchard, c'est qu'il y a eu beaucoup de confusion sur la provenance des produits biologiques vendus au Québec.

Les défenseurs de l'achat «local» ont fait valoir aux consommateurs qu'il était préférable d'acheter un légume cultivé chez nous que des carottes biologiques provenant de Californie. Le consommateur choisit donc entre un légume cultivé sans pesticide mais qui a pollué la planète pour arriver à table, et son semblable qui a poussé à l'aide de fertilisants mais qui n'a pas parcouru 5000 km pour arriver jusqu'ici.

«Avec un tel message, les gens ont compris que le bio venait nécessairement de la Californie et de l'Europe, dit Gérard Bouchard. Il ne faut pas tout mélanger. C'est certain que si ton produit bio vient du Nicaragua, c'est peut-être mieux d'acheter local. Tout le monde est d'accord là-dessus.»

Germain Babin, des serres Jardins-Nature, plus important producteur de tomates biologiques du Québec, déplore aussi l'opposition qui s'est imposée entre les produits biologiques et les produits québécois, alors qu'on ne devrait pas avoir à choisir l'un ou l'autre. «Si on ne devait manger que ce qui est produit dans un rayon de 120 km de chez soi, on serait aussi bien de fermer la Gaspésie et de mettre une pancarte «ne nourrissez pas les animaux... ni les gens! «« lance, au bout du fil, le cultivateur établi à New Richmond. Lui aussi est sensible au concept de «kilomètre alimentaire», c'est-à-dire la distance entre le champ et l'assiette. Mais il ne faudrait pas que cela prenne le pas sur le mode de production, plaide-t-il.

Les serres Jardins-Nature produisent un demi-million de kilos de tomates par année, qui se retrouvent dans plusieurs grands supermarchés, dont Loblaws. Les tomates biologiques Le Choix du président sont québécoises, mais les consommateurs ne le savent pas parce que la chaîne préfère promouvoir le mode de production plutôt que la provenance.

Sans savoir qu'il a devant lui deux produits identiques, le consommateur doit donc choisir entre acheter bio ou acheter québécois.

Depuis un an, la deuxième option a été largement valorisée. «Il y a certainement une fibre nationaliste là-dessous, estime Frédéric Paré, d'Équiterre. Les consommateurs font confiance aux agriculteurs québécois, les sondages le montrent.» Selon lui, les Québécois sont prêts à payer davantage pour un produit d'ici - surtout lorsque les agriculteurs se plaignent de perdre leurs parts de marché au profit des nouvelles économies, comme la Chine, qui produisent plus pour moins cher. «On en a beaucoup parlé et ça a été très efficace», dit-il. Les épisodes d'intoxication alimentaire causés par des produits importés ont aussi encouragé les consommateurs à se tourner vers les produits de proximité.

Le bio, toujours pertinent

Au printemps, Équiterre a révélé les résultats d'un sondage qui confirme que les aliments biologiques peinent à attirer de nouveaux adeptes. «Le bio jouit encore d'une belle notoriété, mais les gens trouvent les produits infiniment trop chers», explique Frédéric Paré.

«Les gens ne réalisent pas que les 35% supplémentaires, ils ne les paieront pas en médicaments!» rétorque Yves Saint-Vincent, éleveur de veaux, boeufs, poulets et autres animaux dans la région de Lanaudière. Toute sa viande est certifiée bio, et il s'est donné pour mission de revaloriser l'agriculture biologique. Il se rend chez les grands restaurateurs et prend le temps de parler de ses produits aux clients dans ses boucheries des marchés Atwater et Jean-Talon.

«Le poulet de l'épicerie a 28 jours lorsqu'il se retrouve dans votre assiette, alors que le mien en a 100! dit-il pour expliquer la différence de prix. Le Québec n'a pas pris sa place dans le monde bio. Il faut sauver le bio, maintenant!»

Cyberpresse.Ca

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