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La biomasse à La Réunion a de l'avenir

La biomasse, dans les années à venir, est une véritable opportunité de diversification de l’économie rurale et industrielle, des emplois pour le monde rural et industriel réunionnais, un marché local et à l’export.

LES gramouns, les tisaneurs et les biologistes réunionnais ont identifié depuis longtemps la vaste pharmacopée de notre biomasse locale. La biomasse à La Réunion est profusion. Elle est la forme naturelle très élégante de stockage de l’énergie solaire, et du carbone. Certaines biomasses réunionnaises sont identifiées comme stratégiques. Les biochimistes et les énergéticiens réunionnais regroupent en particulier certaines cultures et végétaux tel que la canne à sucre, pignons d’Inde, acacia, eucalyptus, benjoin, bambou, cocotiers, géranium, vétiver, et certains envahissants comme la longose, le bringelier, la vigne maronne..., souvent présents dans les zones périphériques du Parc national de La Réunion..). On retrouve aussi dans cette classification les déchets verts triés et les déchets d’origines animales (lisiers d’élevages, part fermentescible des déchets ménagers, boues de stations d’épuration...). Les Réunionnais connaissent le traitement de la bagasse en combustion dans les usines de Bois Rouge et du Gol, pour la production de chaleur et d’électricité. D’autres techniques existent, comme la production de biogaz, ou de charbon de bois, la gazéification... Différents partenaires internationaux et réunionnais travaillent aussi sur la façon de considérer la valorisation de la biomasse réunionnaise, pas seulement sous l’angle énergétique, mais aussi, comme le font notamment les Allemands, les Japonais et comme l’affichent dorénavant les pôles de compétitivité, en considérant le potentiel de "chimie verte" souvent appelée aussi biochimie solaire. Les produits de biomasse rentrent alors en compétition directe avec ceux du secteur de la pétrochimie. Ils ont l’avantage d’être bio-dégradables et supérieures en qualité à ceux issus de la pétrochimie et produits localement. La biomasse est alors valorisée sous forme d’énergie et de produits divers comme les huiles essentielles, les composants de parfum, les huiles pour peintures, les lubrifiants, les pesticides et les engrais biodégradables, le compost en mélange dosé sur “mesure”, le bio-éthanol, les fibres diverses (isolations, bétons fibrés, tissus, matériaux de déco et d’artisanat...), le charbon de bois (marché local et à l’export....), l’hydrogène. Les métiers et les savoir-faire nécessaires à cette activité “Agri-Rural-Industrielle” et de substitution à la pétrochimie d’importation existent à La Réunion, dans les Hauts, dans les Bas, ancrés dans les traditions du géranium ou dans les productions industrielles de la canne à sucre. Encore faut-il étudier ce potentiel considérable et organiser l’animation structurée de ces filières à La Réunion, explorer, découvrir, faire savoir et mettre en œuvre toute l’extraordinaire palette de produits et sous produits que nous offre la biomasse réunionnaise, pour des besoins locaux, et à l’exportation. Cela implique un système organisé de toutes les étapes et de tous les acteurs : planter, récolter, trier, collecter, transporter, transformer, valoriser, commercialiser, distribuer, exporter... Ces étapes sont structurantes pour une grande économie de la biomasse réunionnaise, autant d’emplois futurs à inscrire dans notre plan de développement économique de La Réunion, pour le monde rural. Sans parler de l’impact très positif pour sécuriser notre approvisionnement énergétique en substitution progressive au charbon.

Agence Régionale de l’Energie Réunion

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