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Le soja, or vert de l'Argentine, a encore de beaux jours devant lui

Le soja, or vert de l'Argentine, a encore de beaux jours devant lui grâce notamment aux bio-combustibles, en dépit d'un environnement politique jugé très négatif par le monde agricole argentin.

Gustavo Guillaumet Chargué était tout sourire après avoir remporté l'enchère du premier lot de soja de la campagne 2006-2007, mis sur le marché mercredi dernier à la bourse de commerce de Rosario (centre). "C'est un acte symbolique, une reconnaissance du travail de tous", a expliqué ce courtier en céréales après avoir payé 1.500 pesos (375 euros) la tonne de soja, soit deux fois et demi son prix sur le marché. Qu'importe, la somme déboursée pour cette enchère solennelle, qui marque chaque année le début de la campagne, sera vite compensée par les gains attendus d'un marché dont le dynamisme ne se dément pas depuis près de dix ans. Le soja rapporte chaque année à l'Argentine quelque 11 milliards de dollars à l'exportation, soit la première source de devises pour ce pays de tradition agro-alimentaire. La production de soja, dont la Chine est le premier client, devrait atteindre les 45,5 millions de tonnes cette année, contre 35 millions il y a cinq ans. Les surfaces consacrées à la culture de cet oléagineux n'ont pas cessé d'augmenter pour passer d'environ 6 millions d'hectares il y a dix ans à plus de 15 millions aujourd'hui. Et ce n'est pas fini. "La production pourrait atteindre les 60 millions de tonnes", prédit le directeur des Etudes économiques de la bourse de commerce de Rosario, Rogelio Ponton, qui ne voit pas de raison pour enrayer cette croissance. La demande de bio-carburants, éthanol et bio-diesel, ne feront que renforcer cette tendance, "véritable opportunité de développement" pour l'Argentine, assure de son côté le président de la Bourse de commerce, Jorge Weskamp. Là encore, les experts ne croient pas que le maïs, dont le prix a pourtant doublé en un an, vienne détrôner le soja dans ses bastions de la "pampa" argentine. "La vocation de l'Argentine dans le domaine des bio-carburants, c'est le soja", même si les superficies consacrées au maïs risquent d'augmenter à l'avenir, explique de ce point de vue M. Weskamp. Le maïs cultivé en Argentine est pour moitié consommé sur place, et son prix est attentivement suivi par le gouvernement. Ce dernier, qui a fait de la lutte contre l'inflation une de ses priorités, n'hésite d'ailleurs pas à recourir à des mesures drastiques pour faire baisser les prix. Les exportations de maïs sont ainsi sévèrement limitées depuis octobre dernier pour augmenter l'offre locale et faire ainsi pression sur les prix, rappelle M. Ponton. Un problème que les producteurs de soja ne rencontrent pas, faute de consommation locale importante de cet oléagineux peu goûté des Argentins. Cela ne les empêche pas de dénoncer l'interventionisme du gouvernement et les taxes qu'il leur impose. Chaque tonne de soja exporté est taxée à hauteur de 27,5%. Cet impôt, qui rapporte quelque 2,75 milliards de dollars, est devenu indispensable à l'Etat argentin, toujours tenté de l'augmenter pour boucler ses fins de mois, comme il l'a fait cette année en le portant de 23,5 à 27,5%. Autre ombre au tableau, les aléas climatiques de plus en plus fréquents qui touchent les terres agricoles. Quelque 3,5 millions d'hectares de terres cultivées ont été envahies par les eaux début avril dans la province de Santa Fe, après des inondations sans précédent. Les conséquences pour la récolte de soja à venir ne sont pas encore connues mais ces inondations affecteront à coup sur la qualité de l'oléagineux, sinon sa quantité, ont fait valoir les experts à Rosario.

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