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Agriculture bio: l'Inra cherche, avec des moyens modestes

Des prototypes de pain bio adaptés aux goûts des consommateurs, un portrait robot de la pomme de terre bio idéale: l'Inra apporte sa pierre au développement de l'agriculture biologique en France, avec une relative modestie de moyens.

L'Institut national de la recherche agronomique a lancé en 2000 un programme de recherche sur la bio, en partenariat avec la profession agricole. Baptisé Agribio, il a soutenu depuis son lancement 28 projets de recherche, mobilisé une vingtaine d'unités de recherche de l'institut et l'équivalent de 50 chercheurs à  temps plein, a indiqué jeudi Stéphane Bellon, coordinateur du programme, à  l'occasion d'un point de presse. "Cinquante chercheurs, ce n'est pas énorme mais c'est déjà  ça", a ajouté ce chercheur de l'Inra d'Avignon.

Joël Abécassis, ingénieur de recherche qui travaille sur le pain bio, est persuadé que "l'agriculture biologique va sortir de sa niche en devenant un élément moteur de la qualité des produits".

"Nous avons développé plusieurs prototypes de pain bio que nous avons soumis à  deux panels de consommateurs afin de mieux cerner les attentes en matière de qualité nutritionnelle et de goût", explique M. Abéccassis basé à  l'Inra de Montpellier. A côté du pain bio traditionnel, dense et à  la mie foncée, on peut développer un "produit plaisir", en éclaircissant la farine et en le rendant plus croustillant afin de satisfaire certains consommateurs, poursuit-il.

Daniel Ellissèche, généticien, de l'Inra de Rennes, a cherché pour sa part à  dresser un "portrait robot" de la pomme de terre idéale pour l'agriculture bio. Actuellement, la production de pommes de terre bio s'appuie sur des variétés sélectionnées à  l'origine pour l'agriculture conventionnelle. Or aucune de ces dernières ne répond complètement aux exigences de l'agriculture bio, souligne-t-il.

Si la production de pommes de terre bio devait augmenter, il deviendrait intéressant de développer des variétés spécifiques pour la bio, ce qui leur procurerait de plus un label, souligne M. Ellissèche.

De son côté, Joël Fauriel de l'Inra d'Avignon a mené une étude sur les pêches bio en Rhône-Alpes. Il en ressort que l'agriculture bio, qui utilise peu d'intrants, a un rendement moins élevé que l'agriculture classique mais produit des pêches plus sucrées et plus riches en polyphénols, réputés bénéfiques pour la santé. Si on intensifie ces cultures bio, la teneur en polyphénols baisse...

Radio France

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