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Ethanol blues

Il y a un an, les biocarburants étaient portés aux nues. Ils n'allaient certes pas sauver la planète mais pouvaient - ce qui est déjà beaucoup - lui apporter un ballon d'oxygène. L'Europe, comme les Etats-Unis, ne jurait plus que par l'éthanol. Magnifiés par le préfixe "bio", ces carburants, produits grâce à des végétaux ayant capturé du CO2 pour assurer leur propre croissance, ne pouvaient pas être foncièrement mauvais. Aujourd'hui, pourtant, leur étoile a singulièrement pâli

Selon nombre d'experts, la culture à très grande échelle du maïs, de la canne à sucre, du colza, de la betterave ou du soja induit nombre d'effets pervers : consommation de beaucoup d'énergie fossile, d'eau ou d'engrais ; tensions sur les cours des matières premières alimentaires et encouragement à la déforestation. Des voix s'élèvent aussi pour s'alarmer des rejets (hors CO2) des moteurs fonctionnant avec ce type d'essence. Chez nous, l'E85 n'a toujours pas pris son envol. Le réseau de distribution demeure "squelettique" et les rares modèles disponibles n'ont guère fait recette.

Ces déboires mettent en lumière les arguments implicites, voire le non-dit, qui sous-tendait en partie l'enthousiasme des pro-biocarburants. Les milieux agricoles y ont surtout vu un effet d'aubaine, et les constructeurs automobiles (américains, en particulier) le moyen de repousser les échéances. Les "agrocarburants", en effet, n'imposent pas de changer de technologie. Grâce à eux, les gros moteurs 6 et 8 cylindres peuvent continuer de cracher du CO2 comme si de rien n'était.

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